Décarbonation
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Trente des plus grands investisseurs mondiaux se fixent des objectifs de décarbonation de leurs portefeuilles sur 5 ans

  • 13 octobre 2020
Climat et biodiversité

Trente des plus grands investisseurs mondiaux dont l'ERAFP, représentant réunis 5 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ont convenu collectivement d’objectifs concrets de décarbonation de leurs portefeuilles en conformité avec le scénario de 1,5 °C du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour les cinq prochaines années.

Les membres de la Net-Zero Asset Owner Alliance, soutenue par les Nations Unies, mettront en œuvre de fortes réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) allant de 16 à 29 % d’ici 2025 par rapport à 2019, dans un contexte de hausse probable des émissions mondiales sur cette même période.

Publié aujourd’hui 13 octobre en vue d’une seconde consultation publique, le Protocole de fixation des objectifs à horizon 2025 (2025 Target Setting Protocol) présente des plans visant à ce découplage substantiel des émissions de GES des portefeuilles des investisseurs institutionnels et de l’économie mondiale. Le Protocole est indispensable à la mise en œuvre de plans cohérents et complets pour réduire les émissions, accroître les investissements dans la transition vers la neutralité carbone et renforcer l’influence sur les marchés et les politiques publiques.

Avec ce Protocole, les membres de l’Alliance envoient un signal très fort aux milliers d’entreprises qu’ils détiennent, en leur indiquant la nécessité de réductions drastiques des émissions. Ils travailleront avec celles qui sont prêtes à adapter leurs modèles économiques, et ne souhaitent pas s’engager dans des opérations de désinvestissement. Le succès de leurs efforts exige des actions fortes des pouvoirs publics.

Au premier trimestre 2021, les membres de l’Alliance fixeront des objectifs pour leurs propres portefeuilles en partant de différents points de départ compte tenu du niveau actuel des émissions carbone de leurs portefeuilles. Plusieurs membres de l’Alliance définiront des objectifs importants de réduction, alors que d’autres, forts des progrès substantiels déjà accomplis par leurs portefeuilles sur la voie de la neutralité carbone, se fixeront des objectifs de réduction situés dans le bas de la fourchette ; par ailleurs, un objectif limité pour 2025 sera pour certains le reflet de contraintes géographiques ou politiques leur imposant de décarboner plus lentement les premières années.

Le Protocole a été élaboré pour permettre aux membres de l’Alliance d’utiliser une combinaison d’approches favorisant au mieux leurs stratégies spécifiques de décarbonation et d’engagement et tenant compte des différents niveaux de leurs émissions carbone à ce jour. Chaque membre est unique et peut, à ce titre, identifier des leviers propres à son institution pour accélérer la décarbonation. Les membres ont également différents périmètres et stratégies d’investissement, structures de gouvernance interne et niveaux d’exposition à certains secteurs fortement émetteurs.

Ainsi, les membres de l’Alliance visent à se doter d’objectifs « transparents et uniques » adaptés à leur propre institution, mais pouvant aussi être agrégés, de manière à ce que les progrès des différents membres et ceux de l’Alliance dans son ensemble puissent faire l’objet d’un suivi et d’une communication transparente. 

Les premières mesures en faveur des engagements de l’Alliance comprennent deux volets :

  • faire évoluer les portefeuilles d’investissement vers la neutralité carbone d’ici 2050 ;
  • et y parvenir en plaidant et en s’engageant pour la mise en œuvre par les entreprises, mais aussi par les pouvoirs publics, d’actions favorisant la transition des secteurs économiques vers le bas carbone en cohérence avec les données scientifiques et en considérant les impacts sociaux.
La définition des trajectoires vers la neutralité carbone passe par la prise en compte des objectifs, mais également des conséquences, pour assurer une transition juste.

 

L’engagement auprès des entreprises détenues en portefeuille est un élément primordial pour garantir non seulement la transition vers la neutralité carbone des portefeuilles des membres de l’Alliance, mais également l’impact des actions de ces derniers sur l’économie réelle. Même s’il pourrait être facile de parvenir à la décarbonation des portefeuilles en cédant les investissements à forte intensité carbone, il est fortement douteux que ces mesures aient à elles seules un impact positif sur l’économie réelle. En outre, elles pourraient compromettre la capacité des membres de l’Alliance à mener des actions d’engagement auprès de ces entreprises pour obtenir des réductions dans l’économie réelle.

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