Les chiffres clés ISR

L’ISR en France

Une démarche en croissance mais qui reste minoritaire

Le centre de recherche Novethic observe depuis plus d’une dizaine d’années l’évolution du marché de l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Tous les ans, il réalise une enquête auprès des sociétés de gestion et investisseurs institutionnels français actifs sur le marché de l'ISR dans le but de le mesurer et d’en analyser les principales tendances.  
 
Selon Novethic, le marché français de l’ISR est ainsi passé de 3,9 à 169,7 milliards d’euros entre 2003 et 2013.
Bien que les données ne soient pas exactement comparables, on peut rapprocher ces chiffres de ceux fournis par l’Association Française de Gestion (AFG) qui estime que fin 2013 le marché global de la gestion d’actifs en France s’élevait à plus de 3 000 milliards d’euros.
On peut donc considérer que l’ISR représente entre 5% et 6% de la gestion d’actifs en France.


Source du graphique : Novethic, enquête annuelle 2014

Le best in class, une spécificité française

Il est difficile de parler d’ISR en général tant les approches peuvent différer selon la nature, les objectifs et les contraintes propres à chaque investisseur.
 
Toutefois, les acteurs français plébiscitent très majoritairement les approches dites " par sélection de titres " sur la base d’analyse de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
Contrairement aux approches par exclusions, elles se veulent positives dans le sens où elles entendent promouvoir les bonnes pratiques ESG.
L’investisseur cherche alors à sélectionner dans son portefeuille les meilleurs acteurs de chaque secteur (approche best in class) ou de l’univers d’investissement global (approche best in universe) sur ces critères ESG.

Notons qu’approches « positives » et par exclusions peuvent se combiner. 
Par exemple : en adoptant une démarche best in class tout en excluant les entreprises convaincues de violations de Droits l’Homme. 
 
Un regard en dehors des frontières hexagonales montre, néanmoins, que le best in class reste une spécificité française.
 

Source du graphique : Novethic, enquête annuelle 2014

L’ISR en Europe

Selon la dernière étude de l’Eurosif sur l’ISR (European SRI Study 2014), les approches de type best in class restent très minoritaires (environ 2%) parmi les investisseurs européens.

Hors de France, les investisseurs responsables tendent plutôt à adopter des démarches par exclusions, qu’elles concernent certaines activités (ex : exclusions des armes controversées, du secteur de l’alcool, etc.) ou pratiques controversées (« norms based screening » : corruption, discrimination, violations de droits fondamentaux, etc.).
 

et l'erafp ?
Rappelons qu’un investisseur peut combiner ces différentes approches. ​
L’ERAFP ayant, par exemple, adopté une approche best in class complétée, depuis 2012, par une démarche formalisée d’engagement actionnarial, exclut par ailleurs de son univers d’investissement :
  • les entreprises impliquées dans le développement, la production ou la commercialisation de mines anti-personnel et bombes à sous-munitions,
  • ainsi que les obligations émises par des gouvernements de pays n’ayant pas aboli la peine de mort, pratiquant la torture ou ayant recours à des enfants soldats.