La lutte contre le changement climatique


L’implication de l’ERAFP au sein de l’IIGCC

La conférence sur le climat (COP 21), tenue à Paris en décembre 2015, doit être l'occasion de progresser dans la mise en place du cadre nécessaire pour inciter les agents à prendre conscience des enjeux et, au-delà, à accepter de changer leurs comportements.

C'est dans ce cadre que s'inscrivent les débats sur les modalités d'incorporation dans les prix de l'externalité négative associée aux émissions de gaz à effets de serre. 

Depuis la COP21, l’intérêt pour le sujet du changement climatique s’est accéléré. Que ce soit à travers des initiatives globales comme celles de la Task Force sur le changement climatique (TCFD) ou à travers la législation comme en France avec l’article 173, les investisseurs sont de plus en plus incités à prendre en compte les risques et opportunités liés au changement climatique de leurs investissements. Aujourd’hui, le développement des indicateurs d’impact sur le changement climatique doit servir à orienter l’investissement vers un alignement avec un scenario 2°C.

Dès la création de l’ERAFP, son conseil d’administration a décidé que tous les investissements de l'ERAFP seraient réalisés dans le respect d'une charte ISR accordant une place importante à la limitation des rejets de gaz à effet de serre. Selon l'ERAFP :
  • l'approche best in class permet de flécher les investissements, secteur par secteur et classe d’actif par classe d’actif, vers les émetteurs les mieux à même de contribuer à un développement durable et notamment à la transition énergétique et écologique
  • l’engagement collaboratif permet de mutualiser les ressources et d’accroître considérablement l’influence et le poids des investisseurs vis-à-vis des multinationales et autres émetteurs. C’est pour cette raison que l’ERAFP s’implique dans les travaux menés par le groupe des investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC),
Pour être crédibles dans cette démarche, l’ERAFP soutient que les investisseurs se doivent :
  • d’être transparents vis-à-vis de leurs souscripteurs ou bénéficiaires sur les critères d’investissements pris en compte et leurs modalités d’intégration (exclusions, sélection de type best in class, approche thématique, etc.),
  • d’apporter des preuves tangibles de l’impact de leur démarche par exemple en mesurant l’empreinte carbone de leurs investissements, en souscrivant à des obligations « vertes ou sociales » qui permettent le fléchage des fonds levés vers des projets à valeur ajoutée environnementale et/ou sociale, en publiant les économies d’énergie réalisées via une gestion responsable de leur patrimoineimmobilier, etc.
 
 

La mesure et la publication de l’empreinte carbone du portefeuille actions de l’ERAFP

C’est la raison pour laquelle l’ERAFP, signataire de l’engagement de Montréal sur le carbone, publie une mesure de l’empreinte carbone de son portefeuille depuis 2014.

À la fin de l’année 2016, l’ERAFP a lancé un appel d’offre afin d’étendre l’analyse des risques et des opportunités pour son portefeuille d’actifs liés au changement climatique. À l’issue de cette procédure, plusieurs sociétés spécialisées ont été sélectionnées. Pour l’analyse des portefeuilles d’actions et d’obligations d’entreprises, c’est la société Trucost, en partenariat avec les sociétés I Care & Consult, Grizzly Responsible Investment et Beyond ratings, qui a été retenue. La société Carbone 4 a été sélectionnée pour l’analyse des portefeuilles d’immobilier, de capital-investissement et d’infrastructures.
 
En 2016, comme en 2015, le périmètre de l’empreinte carbone correspond aux portefeuilles d’actions, d’obligations publiques et privées. Cette année, les obligations convertibles ont pu être incluses, amenant la part couverte par la mesure de l’empreinte carbone à 89% de l’actif global, contre 87% en 2015.
Par ailleurs, une comparaison du mix énergétique du portefeuille avec un scénario 2°C a été réalisée sur le portefeuille d’actions consolidé. Au-delà, la contribution à la transition énergétique et écologique et aux objectifs climatiques pour les secteurs des services aux collectivités, automobile, du transport des voyageurs, du transport de marchandises, du ciment ainsi que du fer et de l’acier a été également mesurée pour les portefeuilles actions et obligations. 



 

L’expérimentation de la « décarbonation »

Dans la continuité du calcul de l’empreinte carbone de son portefeuille actions, publié début 2014, l’ERAFP a travaillé avec le gestionnaire français Amundi sur une méthodologie visant à réduire de manière significative l'empreinte carbone d’un portefeuille de 750 millions d’euros géré pour le compte de l’ERAFP dans le cadre d’un mandat de gestion indicielle. Ce portefeuille pèse aujourd’hui presque 1,8 milliards d’euros.
 
La mesure de l'empreinte carbone réalisée début 2014 a montré que notre approche best in class, qui prend en compte un large spectre d'enjeux ESG, permet de réduire l'intensité carbone des investissements en actions de l’ERAFP. L’établissement a donc décidé d’approfondir ce champ d’actions en expérimentant sur un de ses fonds actions une méthodologie visant à accroître la sélectivité du filtre « émissions de CO2 », en plus d'appliquer nos autres critères ESG.
 
Cette méthodologie de décarbonation complète en effet l’approche best in class qui consiste à ne sélectionner que les meilleures entreprises d’un point de vue environnemental, social et de gouvernance. Un filtre additionnel est appliqué à partir des données collectées sur l’intensité carbone (émissions CO2e / chiffre d’affaires) des entreprises : 5% des entreprises les plus polluantes au niveau global et 20% des entreprises les plus polluantes de chaque secteur sont exclues du portefeuille.
 
Le portefeuille décarboné affiche une performance similaire à l’indice initial, tout en permettant une réduction de son intensité carbone d’environ 40% par rapport à ce dernier.
 
En parallèle du suivi de ce mandat, l’ERAFP a initié en 2015 une collaboration avec Cedrus AM et amLeague sur la mise en place d’une plateforme virtuelle permettant aux gestionnaires de montrer leur capacité à réduire l’intensité carbone d’un portefeuille actions internationales. Début 2017, l’ERAFP a réalisé ses premiers investissements dans des fonds bas carbone ayant participé à la plateforme.
 
Finalement, l’ERAFP vise à décarboner ses portefeuilles en combinant l’application de son approche Best in Class et de sa politique d’engagement avec des investissements dans des actifs bas carbone.
 
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